Une minute de silence

La CSN invite tous ses membres à souligner la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail.

Pour ce faire, elle leur demande d'observer une minute de silence le 28 avril 2016 à 10 h précises afin de se recueillir et de rendre hommage aux personnes mortes ou blessées au travail.

Cette cérémonie doit aussi être l'occasion pour toutes et tous de réitérer l'importance de la prévention, qui est au cœur des préoccupations syndicales.

 

Ne les oublions pas

Observons une minute de silence le 28 avril 2016 à 10 h.

 

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La bougie commémorative du 28 avril, symbole reconnu partout dans le monde, sera allumée.

 

196

personnes sont mortes en raison d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail en 2015.

Parmi ces décès :

  • 118 sont causés par l'amiante,
  • 4 le sont par la silice,
  • 12 sont survenus à la suite de chutes,
  • 19 sont liés à l'utilisation de véhicules,
  • 27 sont survenus à la suite de contacts avec de l'équipement ou un objet.

  • Administration municipale et gestion des déchets
  • Construction
  • CSSS
  • Éducation
  • Exploitation forestière et soutien à la foresterie
  • Fonderie et sidérurgie
  • Mines
  • Scieries

Risque pour tous

Santé psychologique au travail

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que les problèmes de santé psychologique seront la première cause d’invalidité dans le monde, d’ici 2020. Il faut donc s’y attaquer dès maintenant.

N’importe qui, n’importe où

Les problèmes de santé psychologique peuvent toucher n’importe qui, dans n’importe quel milieu. L’impact du travail sur la santé des personnes et des équipes de travail est important et il ne doit pas être sous-estimé.

Le travail en soi est un vecteur de santé. Il permet d’avoir un revenu, une vie sociale, d’actualiser ses compétences et ses connaissances, etc. Mais vivre au quotidien avec une situation de précarité d’emploi, une surcharge de travail, ou dans un climat d’injustice et sans reconnaissance peut entraîner divers problèmes de santé. Des problèmes de santé physique certes, mais aussi des problèmes d’ordre psychologique, comme la dépression ou l’épuisement professionnel. Des problèmes de dépendance ou une augmentation de l’irritabilité peuvent aussi être associés à ces contextes de travail difficiles.

organisation du travail

Les nouvelles formes d’organisation du travail ont aussi un impact direct sur le climat de travail. Lorsque ce dernier laisse à désirer, les risques de violence et de harcèlement psychologique augmentent. Pour celles et ceux qui en sont victimes, ces facteurs peuvent entraîner de la détresse psychologique, voire une situation dépressive.

hommes et femmes

Les impacts du travail sur la santé psychologique se vivent différemment selon le genre. En effet, plusieurs études men­­­tionnent que les femmes décla­rent plus de détresse psychologique et utilisent davan­tage les services de santé psychologique que les hommes. Cependant, pour la période 2008–2010, le segment de la population qué­bé­coise le plus touché par le suicide est celui des hommes de 35 à 49 ans et le risque de suicide est 3,3 fois plus élevé chez ces derniers que chez les femmes. Un important travail de sensibilisation doit être mené pour faire tomber les tabous et éviter le pire.

Que Faire ?

C’est le rôle des employeurs que de protéger la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs et c’est celui des syndicats de s’assurer que les employeurs remplissent leurs obligations. Si l’organisation du travail rend notre monde malade, il nous faut prendre en charge collectivement cette question.


Les précaires, une population à risque

Précarité et santé et sécurité du travail

Au Québec, 38 % de la main-d’œuvre occupe un emploi dit atypique. Il est question ici par exemple des travailleuses et des travailleurs temporaires, saisonniers ou autonomes.

Qui occupe un emploi atypique ?

Les femmes, les jeunes, les personnes plus âgées, les immigrantes et les immigrants se retrouvent plus fréquemment dans cette catégorie. En plus de toucher une rémunération moins élevée, ils ne bénéficient pas d’un lien d’emploi stable. Ce portrait peu reluisant cache une autre facette tout aussi désolante, celle de la santé et de la sécurité du travail qui, dans bien des cas, est déficiente.

impacts du travail atypique

D’après les données de l’Enquête québécoise sur les conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), les personnes en insécurité d’emploi ou en précarité contractuelle sont confrontées plus souvent que les autres travailleurs du Québec à certains problèmes de santé et de sécurité du travail. Ainsi, elles vont :

  • subir plus de contraintes physiques de travail (gestes de précision, manutention de charges lourdes sans aide, exposition au bruit, exposition aux solvants, gestes répétitifs des mains ou des bras, etc.) ;
  • vivre plus de harcèlement psychologique ;
  • vivre plus de harcèlement sexuel ;
  • se déclarer plus souvent en moins bon état de santé ;
  • ressentir plus souvent de troubles musculo-squelettiques ;
  • subir plus d’accidents de travail ;
  • vivre plus de détresse psychologique et avoir plus de symptômes dépressifs.

L’existence de moins bonnes conditions de travail se répercute donc invariablement sur l’état de santé des travailleuses et des travailleurs atypiques.

Sous-traitance

Il faut aussi comprendre que bien des entreprises sous-traitent les tâches les plus dangereuses pour réduire leurs primes à la CSST. Pas surprenant que les primes des agences de placement soient de quatre à cinq fois plus élevées que celles des autres entreprises du Québec. Finalement, pour être de nouveau embauchés, la plupart des employé-es ne poseront pas de questions et, surtout, ne dénonceront pas les conditions de travail dangereuses.

Que Faire ?

En transmettant à ces travailleurs de l’information concernant leurs droits et les moyens pour prévenir les accidents de travail, ils pourront préserver leur santé tant physique que psychologique. Les organisations syndicales peuvent et doivent jouer ce rôle.


Métier à risque

Le travail sur la route

En 2012, selon les statistiques de la CSST, les accidents routiers, bien qu’ils représentent 2 % de tous les accidents du travail, sont responsables de plus de 25 % des décès accidentels. D’ailleurs, 26 accidents mortels au travail sur 75 impliquaient un véhicule.

Transport en hausse

Depuis les années 90, le transport des marchandises s’est accru considérablement. Le « juste à temps » a éliminé l’entreposage dans les entreprises. Les matières premières doivent arriver juste à temps pour la production et les produitsfinis doivent sortir tout aussi à temps afin d’être livrés. Les entreprises ont ainsi réduit l’espace d’entreposage et les inventaires sont maintenant stockés dans les camions. Ce qui a pour conséquence directe d’augmenter le nombre de camionneuses et de camionneurs et surtout le nombre de kilomètres effectués chaque année.

Chiffres inquiétants

Quant aux accidents routiers au travail, ce sont surtout les hommes, à 74 %, qui sont impliqués. Leur âge moyen est de 39 ans et ils occupent, dans une proportion de 83 %, le poste de conducteur. C’est 11 % des personnes impliquées dans les accidents qui sont des passagers alors que 6 % sont des piétons. Les principales professions touchées sont : camionneur (18 %), agent de police (10 %), chauffeur-livreur (6 %), chauffeur d’autobus (5 %) .

Quelles en sont les causes ?

Parmi l’éventail des causes relevées, la fatigue au volant est un facteur souvent mentionné. Mais il ne faudrait pas se limiter à cet aspect qui concerne plus spécifiquement les conducteurs de camion. Soulignons aussi que l’entreprise, par ses politique de sécurité, ses conditions de travail, l’entretien du matériel, les horaires de travail, etc., peut être elle aussi responsable de ces accidents. Par ailleurs, d’autres facteurs peuvent jouer un rôle, tels les conditions météorologiques, l’état des routes et les divers règlements régissant le transport routier. Il ne faut pas oublier les accidents se produisant sur les chantiers et qui impliquent souvent des signaleurs ou des piétons.

Que Faire ?

Comme dans tous les autres dossiers de santé et de sécurité du travail, il faut que la formation, les équipements et l’organisation du travail soient adaptés aux réalités humaines, plutôt qu’à celles des entreprises, qui exigent une grande ponctualité pour les livraisons. De plus, les règlements routiers doivent être revus afin d’assurer la protection des camionneurs. Il y va de la vie d’au moins 25 travailleurs par année.